René DESMAISON, ses exploits d'alpinisme et ses ouvrages littéraires et documentaires vidéos

René DESMAISON

une vidéo de Pascal DESMAISON, son fils 

Le héros à la grande gueule d'après SUMMIT DAY

S’il y a bien un alpiniste français qui aura fait jasé en son temps, c’est bien lui. Aussi talentueux piolet à la main qu’irritant une fois de retour dans la vallée, René Desmaison n’aura cessé, tout au long de sa fantastique carrière d’alpiniste, d’alterner ascensions mythiques et polémiques notoires.

Les polémiques des Grandes Jorasses et du sauvetage des Drus

La plus célèbre d’entre toutes, c’est sans aucun doute celle des Grandes Jorasses en 1971, quand Desmaison et son compagnon de cordée Serge Gousseault, se retrouvent coincés à 80 mètres du sommet en raison de l’épuisement de ce dernier qui finira par mourir après plusieurs jours passés à attendre des secours qui arriveront trop tard. S’en suivra une vive controverse entre Desmaison qui estima qu’on voulait sa mort et ceux qui, dans la vallée, pensaient que ce con de René cherchait encore à faire parler de lui. « 342 heures dans les Grandes Jorasses » écrit par Desmaison suite à ce drame, est aujourd’hui un des plus célèbres livres de montagne tant par le côté émotionnel de son récit que par son caractère polémique.

Mais si ce bon vieux René n’a pas que des amis du côté de Chamonix, c’est aussi en raison de l’affaire du sauvetage des Drus en 1966. Cette année là, il devance l’action des sauveteurs pour porter secours à deux alpinistes allemands en difficultés sur la face Ouest, pour ensuite vendre le reportage de son sauvetage héroïque à Paris-Match. Ça craint tellement qu’il est radié de la Compagnie des guides de Chamonix. Dans son livre « La face nord de René Desmaison », Philippe Bonhème tente d’apporter son éclairage sur le caractère et la personnalité complexe de l’alpiniste français.

Desmaison au sommet du Jannu avec Lionel Terray

Mais attention, Desmaison, ça n’est pas que des polémiques ! C’est aussi des ascensions mythiques dans les Alpes (hivernale dans la face ouest des Drus avec Jean Couzy), les Dolomites (Cima Grande) mais aussi dans l’Himalaya où il participe avec Lionel Terray à l’expédition victorieuse du Jannu en 1962. Mais son caractère explosif l’empêchant de grimper autrement qu’en qualité de chef d’expédition, à partir des années 70, il se tourne vers les jeunes alpinistes qu’il emmène volontiers dans les Andes où il trouve son bonheur avec notamment plusieurs expéditions sur le Huandoy.

S’il est mort d’un cancer en 2007, les rues et les écoles qui portent aujourd’hui son nom dans toutes la France sont bien la preuve que René Desmaison est resté dans la mémoire collective comme un héros plus qu’un salaud !

Sa biographie : La montagne en direct – Antoine Chandelier – parue en 2010 aux éditions Guérin